
Il y a le visible et l’invisible
La Nouvelle Vague a duré une dizaine d’années, entre la fin des années 50 et la fin des années 60. Les réalisateurs qui la composent sont jeunes, inexpérimentés (ils vont pendant cette période tourner leur tout premiers films), et déjà fanatiques de cinéma. Ils sont critiques dans la revue Les Cahiers du cinéma, revue qui existe aujourd’hui encore et qui est considérée comme très sérieuse et qui a promu le cinéma d’auteur. Ces jeunes réalisateurs sont Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol, Eric Rohmer, Jacques Rivette. Ils vont être entourés, imités, jalousés, par d’autres auteurs qui se réclameront ou pas de la Nouvelle Vague (Agnès Varda, Jacques Demy, Louis Malle, Alain Resnais, Jacques Douillon…).
Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, c’est un téléfilm que vous faites.
Jean-Luc Godard
Lisez cet article paru dans la revue Séquences en 1964, dédiée à la Nouvelle Vague (il s’agit de lire uniquement l’article Le Cinéma est-il à réinventer?, pages 12-15 de la revue).
Les deux séquences à analyser se trouvent en fin de page !
A Bout de Souffle
A Bout de souffle est un des films majeurs du mouvement. Il adoube Jean-Paul Belmondo qui devient une star. C’est un film qui connaît un succès très important, en France comme à l’étranger. Il a « changé le visage du cinéma » selon Truffaut. Reprenant des codes du mouvement néoréaliste italien (caméra portée, style documentaire), Godard semble vouloir enfreindre les règles du cinéma délibérément : les acteurs regardent la caméra, les faux raccords se multiplient (les fameux jump-cuts)… Les références à d’autres films (notamment américains) et à la culture pop se mélangent avec celles de la culture classique « sérieuse », et pour finir, il film nous rappelle constamment que nous sommes en train de regarder un film.
Le cinéma, c’est vingt-quatre fois la vérité par seconde
Jean-Luc Godard
Les 400 coups
Film sur l’enfance, sur Paris, sur les classes populaires, ce premier film de François Truffaut inaugure également une série de cinq long-métrages sur la vie du personnage d’Antoine Doinel, incarné par Jean-Pierre Léaud.
Paris nous appartient
Premier film de Jacques Rivette, sorti en 1958 comme Les 400 coups, Paris nous appartient adopte la méthode de travail de son auteur : pas de scénario, quelques pages de synopsis données le jour du tournage aux acteurs, qui improvisent largement leur rôle. On retrouvera en rôles mineurs Godard, Chabrol et Demy, tandis que les personnages des 400 coups vont voir Paris nous appartient au cinéma…
Le Beau Serge
Considéré comme le premier film de la Nouvelle Vague, Le Beau Serge de Claude Chabrol met en scène Jean-Claude Brialy et Gérard Blain dans un drame évoquant notamment les violences conjugales et l’alcoolisme, thèmes peu exploitées jusqu’alors par le cinéma français.
Le cinéma est un mélange parfait de vérité et de spectacle.
François Truffaut
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